jeudi 16 janvier 2014

LES AVENTURIERS DU CANADA




Ma famille est très ancienne, comme beaucoup d'autres natifs de notre pays

Certains recherchent, pendant de longues années, les traces de leurs ancêtres

C'est un boulot de titan ! 

J'ai eu une chance inouï, qui me permet, sans me fatiguer, de remonter loin, très loin, parmi mes ancêtres 
Une partie de notre famille est donc partie au 17 ème siècle, s'établir en Nouvelle France, 

C'était des gens courageux, des paysans, aventuriers et qui n'avaient pas grand chose à perdre en partant si loin, sauf la vie éventuellement, mais que valaient les vies des paysans à l'époque ? 

Et ces gens ont fait souche là-bas, ils ont fait plus de 45 enfants à la première génération, ce qui fait qu'aujourd'hui, plus de 700 000 familles portent notre nom au Canada, mais aussi aux États-Unis et combien portent un autre nom, tout en ayant un ancêtre Gagnon, telles que Céline Dion dont la Grand-mère était une Gagnon où Madonna pareillement, la mère de Stendhal était une Gagnon


Et, pour en revenir à la chance d'avoir une généalogie toute prête, c'est que ces Canadiens ont le souvenir familial chevillé au corps et que pour eux, " le vieux pays" compte encore 

Ils y viennent chaque année, nombreux, amenés par leur guide, un célèbre généalogiste, connu dans le monde entier pour ses recherches que ce soit sur notre famille mais aussi pour beaucoup d'autres études.

Il y a plus de 30 ans, mon père, Jean-Paul, rencontrait ce célèbre cousin , né la même année que lui et s'appelant également Jean-Paul Gagnon, et avec son aide et d'autres, cousins lointains du même nom, ils créaient " l'association des Gagnon de France " qui s'allie alors à l'association des " Gagnon-Belzille" Canadienne et ils tissent des liens entre les familles des 2 côtés de l'atlantique 

L' association est reprise aujourd'hui par d'autres cousins et cousines après le décès des fondateurs , sauf notre cousin Jean-Paul, toujours bon pied bon oeil à 90 ans et qui continu ses recherches et ses voyages dans le monde 

Vous avez compris qu'avec un cousin, célèbre généalogiste, je n'ai pas eu à faire beaucoup de recherches personnelles, si ce n'est qu'a relier certaines dates avec d'autres. 

Mon cousin Jean-Paul a écrit une vingtaine de volumes concernant ses recherches, rien que sur les descendants des pionniers, mais il a aussi poussé ses études beaucoup plus loin, pour remonter aux sources de notre famille 
Il m' a fait cadeau de ce livre 





Je connais mes ancêtres, en ligne directe jusqu'en 1613, pour remonter plus haut, il faut que je demande comment faire à ceux qui sont plus avancés que moi, mais je trouve que c'est déjà pas mal ! 

D'autant que grâce à Jean-Paul, en partant de l'autre côté, c'est  à dire, vers 1270 avec des ex-voto dans des églises et des tombes de chevaliers revenants des croisades, ses recherches l'ont amenées au début de l'aventure humaine de cette tribu

Donc, revenons à nos aventuriers
Je vous résume l'affaire hein ! parce que sinon, on en a pour plusieurs jours.....
Ils s'appelaient Mathurin, Jean, Pierre et Robert Gagnon.
Les 3 premiers étaient frères, le dernier était leur cousin.
Ils venaient d'un hameau du Perche, près de Tourouvre, 
Le hameau  est aujourd'hui constitué de 5 maisons mais à l'époque il y en avait une dizaine, il s'appelait " la Gagnonnière " et n'était habité, bien entendu que par des Gagnon.....




Mathurin était parti en premier avec un riche marchand qui avait organisé le premier départ, en 1634

Sur place, il mesure les chances de succès, il revient en France et organise le départ de ses frères en 1638

Ils partent en " hommes libres " c'est à dire sans contrats d'engagement, ce que faisaient une grande parti des émigrants percherons qui ne pouvaient pas payer leur voyage, eux payent leur traversée.

Ils s'établissent marchands à la basse ville de Québec, et en 1640, ils acquièrent les premières terres à Château-Richer. Ils mènent l'hiver une vie de négociants et s'occupent de leurs terre à la meilleure saison . 

Tous les 3 se marient et fabriquent chacun plus de 10 enfants, en particulier Mathurin, qui épouse en 1647 une jeune personne de ...13 ans qui lui donnera 15 enfants, il a 71 ans lorsqu'il baptise son dernier fils. 

C'est cette descendance qui fournira le plus de Gagnon à la Nouvelle France....

En 1643, la demi-soeur des 3 frères vient avec son mari et ses filles également s'établir sur des nouvelles terres et donnera naissance à une autre tribu, mais d'un autre patronyme, les Le Tavernier 

C'est en 1654 que le dernier cousin, Robert, vient rejoindre la famille, il reçoit une terre à Sainte Famille, dans l'Ile d'Orléans et de là vient le nom des " Belzille" 

En effet, lorsque l'on parlait de la famille, on disait les Gagnon des terres et les Gagnon de belles-iles puis avec le temps, c'est devenu les gagnon-Belzille et les Belzille tout court

Ils ont réussi, après une vie difficile parce qu'ils étaient honnêtes, travailleurs et responsables nous disent les archives familiales, et respect des valeurs familiales figuraient au sommet de leurs priorités

A méditer de nos jours.....

Après la disparition des 4 gagnon, la Nouvelle France venait d'acquérir un nouveau patronyme qui allait se répandre dans les régions de Laprairie, Chateau Richer et Yamachiche, ils étaient déjà 45 à la première génération,

En 1878, à la Rivière -Ouelle, ils étaient déjà si nombreux que l'on décidat de les compter, le total effarant fût de 363 Gagnon, répartis sur 50 familles

Revenons un peu sur notre territoire

Que sont devenus les autres ? il restait un frère à la ferme, Louis, qui avait 5 enfants, 2 filles et 3 garçons

C'est d'eux que je descends en droite ligne

ils sont restés des fermiers, des paysans, il faut aussi se rappeler que l'époque était plutôt à la guerre qu'à la paix

Assez curieusement, on ne sait plus grand chose sur eux, on sait qu'en 1652 Mathurin est revenu en France " pour régler des affaires de famille " mais après ce 3 ème voyage, il n'y avait plus de Gagnon à Tourouvre et il n'y aura plus non plus de voyages en provenance du Canada 

Avec les actes de naissances et de mariages, bien entendu on les retrouvent, dans d'autres villages, d'autres villes mais qui est resté à la Gagnonnière, on ne le sais pas

Des Gagnon, on en retrouve beaucoup en Bretagne, en Normandie, dans le sud et même en Italie ! 


Eglise de Tourouvre , les marches auraient été faites par l'ancêtre de Céline Dion, étonnant non ? 







Voilà, si vous voulez en savoir plus, allez à Tourouvre, ça vaut le déplacement, toute la ville vit au souvenir des Canadiens, qui régulièrement font des voyages tout au long de l'année pour retrouver leurs racines 

Mais soyons honnêtes, les Tremblay, les Boutin, les Fortin, sont aussi parti du coin.....ils ont dû faire moins d'enfants! 

23 commentaires:

  1. Z'étaient pas bagnards les ancêtres??? Et moi qui pensait qu'on descendait d'une longue lignée de filous!! ;)

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    1. eh non ! des gens bien, d'après Jean-Paul, personne n'a jamais été condamné pour meutres au fil des siècles, quelques voleurs mais pas de gros filous, quelques filles légères aussi, bon, rien de grave quoi !

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    2. Et pourtant, quand on voit les dernières générations... ;))

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    3. ah ça, certains ont mis les bouchées doubles ! des escrocs, des voleurs et des menteurs, tout ça sur une seule génération, alors que depuis 400 ans, il n'y avait pas trop d'accrocs, comme quoi hein !

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  2. Quel boulot, et quel billet. Je n'ose penser à tous les cachets d'aspirine qu'il ta fallu avaler pour rédiger ce billet, (même si d'autres ont fait une partie du travail) tout en ayant les idées claires. Très beau voyage, merci...!
    Perso, je n'ai pas le courage de me lancer dans une telle épopée, d'autant qu'il me reste des réminiscences de bêtises qu'on a voulu me forcer à apprendre au catéchisme, j'en resterai avec Adam et Eve comme parents putatifs...! Ce qui m'est dur à accepter car quand je me rase (heureusement plus tous les jours, depuis la retraite) je trouve que je ressemble plus à un macaque qu'à un enfant de chœur.
    Bisous blasonnés.

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    1. ça m'a pris du temps pour rédiger ça ! je ferai pas ça tous les jours.....c'est bien de savoir d'où on vient et ça n'a rien à voir avec la religion, tes ancêtres étaient peut-êtres aussi mécréants que toi ! ça pourrai te convenir hein !
      bisous

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  3. Oups...! J'ai merdu, une "apostrophe" s'est effacé de mon blason, il faut lire: [...qu'il t'a fallu avaler...]
    Je risque d'avoir 1/4 de point en moins...!

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  4. C'est d autant plus passionnant que dans ton histoire il y a eu conquête d un nouveau continent, d ou d ailleurs la difficulté, j imagine a remonter tout cela .
    Ceci dit, généralement, quand il y a exil c'est que y a un loup comme le laisse supposer la damoiselle Elise plus haut. Ces Gagnons étaient-ils tous des anges ?

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    1. oui, heureusement que j'ai les documents de Jean-Paul car c'est un sacré boulot ! il lui a falu des années pour arriver et encore, il dit qu'il découvre encore des trucs !
      voir la réponse à la miss, d'après Jean-Paul, c'était des gens très religieux et très honnêtes, ils sont parti pour plusieurs raisons, la guerre qui ravageait les province, et la ferme qui ne pouvait pas nourrir tous le monde, ans les alentours il était difficile de trouver d'autres terres et puis le travail était souvent ruiné par la batailles, plusieurs familles sont parties, l'immigration a été assez massive car le roi leur donnait beaucoup davantages sur place, donc les lus malins sont parti en premier, par la suite, effectivement, c'était des condamnés étaient expédiés la-bas avec aussi des filles publiques mais ces gens n'avaient pas la même liberté que les premiers émigrants bien entendu et c'éétait beaucoup plus tard

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  5. Coucou Danièle,
    Je viens de me régaler en lisant l'histoire de tes origines. Un vrai roman feuilleton. Il est vrai que le travail a été plus facile grâce au cousin Jean Paul. Remonter aussi loin, c'est un vrai chemin de croix et pour nos "Foulque" qui sont à l'origine de la branche des Plantagenêt, nous avons mis plus de 20 ans pour en arriver là...
    Bises et bon jeudi. ZAZA

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    1. tu as raison, je n'ai aucun mérite, juste quelques trou par ci par là à raccorder ! mais la saga est interressante et on peut être fières de nos racines, toi comme moi !
      gros bisous

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  6. quel roman que ces vies...c'est bon d'avoir de vraies racines
    bises Danielle (dans Gagnon j'entends gagnant ça te va bien)

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    1. plusieurs racines sont évoquées pour le nom, des gagneurs effectivement, ces paysans qui se louaient pour les moissons, tous ramènent au moissons, au blés, aux travaux des champs, même la branche des chevaliers étaient des fermiers avec des fermes fortifiées y compris ceux qui sont parti aux croisades, je n'en ai pas parlé car ce serait trop long !! bisous

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  7. Belle histoire de famille !

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    1. merci, je n'y suis évidement pour rien, mais c'est bien de savoir d'où on vient !
      amitiés

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  8. Et bien, chère Danielle, nous avons un nouveau point commun. Quand on commence à découvrir la généalogie, on ne peut plus se débarrasser du virus. En fait, il s'agit de la famille de ma femme, nous sommes remontés vers 1400, (environ 30 000 personnes et on continue toujours) mais ce n'est pas le plus important. C'est fou ce que l'on apprend sur la vie de nos ancètres, sur les moeurs et coutumes des siècles passés, différents selon les régions, c'est une mine d'or. Comme je me plais à le souligner :"l'avenir ? on ne le connaîtra jamais, alors penchons nous sur le passé et étudions le"... En attendant bravo pour ce magnifique billet, je me suis "régalé".
    Bises. Gilles

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    1. je n'ai pas de mérite, je n'ai rien cherché toute seule ! mais j’aime bien feuilleter ce livre en sachant que je me trouve dans les dernières pages ! si Dieu le Veut, mes arrières petits enfants pourront le feuilleter aussi et rajouter des lignes, en tous les cas bravo pour tes recherches ! si j'ai besoin de conseils je sais où m'adresser !
      bises

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  9. Et oui, quand le virus vous prend, c'est incurable !.
    Bravo, pour ton billet, très intéressant.
    Voici 25 ans que je m'y suis mise et c'est passionnant....
    C'est un travail énorme, mais instructif et j'y passe parfois (souvent...) mes nuits !.
    Lorrains d'origine, en faisant un tour par la Belgique, via le Tyrol,
    Depuis plusieurs années, ce sont mes recherches chez les notaires qui me passionnent et là , il faut bien réfléchir, comparer les signatures, faire des recoupements, car on a vite fait d'aller "butiner" dans l'arbre du voisin !!.Je cherche des preuves indiscutables sur l'oncle de mon grand-père M, qui a toujours dit qu'il avait quitté la lorraine après la défaite de 1870 pour partir aux Etats-Unis, ce qui fort possible, car je l'ai retrouvé à Nancy, puis Rochefort. En Amérique, il y beaucoup de NANTZ parfois orthographié LENTZ, sur certains registres Cette famille M était native de St Avold (57) puis de Sarralbe (57) où mon cavalier d'ancêtre sous Louis XV, après un séjour aux Invalides à Paris, à terminer sa vie.à Sarralbe.
    Bisous et encore bravo

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    1. j'ai pas eu besoin d'y passer mes nuits puisque le plus gros à été fait
      bisous

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  10. Formidable, quand on peut remonter aussi haut dans sa parenté on est plus riche que le commun des mortels.
    Surtout n'oublie pas d'expliquer tout cela en long en large et en travers à tes petits enfants, qu'ils entretiennent la flamme.
    Dis donc, j'ai vu aussi les Boutin...tu ne serais pas apparentée à Christine, des fois...non, je déconne!

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    1. pour savoir où on va il vaut mieux savoir d'où on vient ! j'espère que les générations suivantes sauront garder tout ça !
      aucun lien avec les Boutin ! mais ils sont nombreux aussi là bas, elle est restée elle, comme on dit, c'est souvent les meilleurs qui partent ...lol....
      bisous

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  11. Et la branche Gagnon-Boutfil, tu peux la remonter depuis quand ?
    Bisous et à bientôt!

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    1. 5/6 ans ! un beurre hein !
      bisous

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